03/06/2007

And it burns, burns, burns...


Il y a bien longtemps que je n'avais frémis de rage ou de colère. D'abord des prémices d'une naissance puis des réjouissances de l'abandon. Car je suis leur fidèle maître. Car je ne possède rien qui ne succombe aux foudres de la flamme.

Il s'est produit en moi cet éveil lumineux et que j'ai cru dès lors ressurgi d'outre-tombe, mais il n'a souffert d'aucune accolade. Tout d'abord il est le fruit d'une rencontre avec moi-même, avec cette autre chair que me dissimulait mon âme. Un être hybride mais reconnaissable, et dont la familiarité m'aurait surpris davantage si je n'en avais pas aussitôt deviné les desseins. Deviens ce que tu es déclara Pindare, deviens ce que tu es lui seconda Nietzsche, deviens ce que tu es ! s'enthousiasma à son tour Freud.
Le soleil se lève et pour la première fois depuis des lustres pas une étincelle ne manque à son registre. Il est fier, comme moi. Il est beau ! Il n'attend plus de la nuit qu'elle lui cède sa place mais il la bouscule, la prend par la nuque et l'invite à rejoindre ses draps.
Je suis artificier et pourtant j'avais oublié l'ingrédient d'une bonne fumée : à toute exhubérance c'est une phalange qui se consume. Car si la poudre est merveilleuse, elle se consacre sous les ongles, aux creux des yeux...là où la vue se substitue à la raison.

Je suis cette peau de nouvelle chair, ce corps pétale. Plus léger que l'air et plus robuste que l'atome, soulagé des vanités frivoles et friand des maladroits volatiles. Je suis une enveloppe sans adresse d'expédition, sans timbre, sans rien pour la retenir. À mort les bavardages ! À mort les destinations de rêve ! Je ne bougerai plus le petit doigt tant qu'il m'en restera ! Le temps rattrapera les vieilles peaux ; les curieux seront déjà loin. Et la curiosité sera ma seule maîtresse.

Il s'est ouvert en moi une porte qui ne se refermera pas, un précipice dont je connais le dernier mot. Un enchantement vierge de sorcellerie. Celui-là même dont je ne vous révèlerai ni les tenants ni les aboutissants et qui voudra de votre coeur que je n'en découvre que l'épiderme voluptueux. Mes valises sont prêtes. Après tout, je n'ai jamais connu meilleur logis qu'au fin fond des poches de cuir.


21:29 Écrit par Aem[a]eth. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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