28/05/2007

L'homme Cancer.


Nébuleuse du Crabe











Au premier abord l'homme cancer étonne par son apparente maîtrise de l'espace : on l'imagine acrobate, alpiniste ou peut-être politicien. Mais il n'a l'âme ni de l'un ni de l'autre. Au contraire la maladresse reste indissociable de sa nonchalance, le vertige est son cheval de bataille et le mensonge une traîtrise sans nom qu'il n'accorde pas même à ses ennemis. C'est pour cela qu'il évite les démonstrations personnelles en public (comme de débouchonner une bouteille récalcitrante par exemple), refuse les chaises pour s'asseoir à terre, et qu'il saborde de moitié chaque entreprise qu'il aura scrupuleusement mise en place. L'homme cancer est un timide effarouché, un habitant de la mer qui lui préfère pourtant le charme des plages et le repos des rochers. Armé de ses redoutables pinces il fait des vagues sans le vouloir, au risque souvent de prendre le large vers des pensées vagabondes. Ses gigantesques pinces, il faut bien les différencier : la droite sert à manoeuvrer, la gauche à distraire, à "donner le change". Il possède également huit pattes aux flancs pour se mouvoir rapidement et sans bruit afin qu'aucun prédateur ne songe à fondre sur lui. Car si l'homme cancer arbore une redoutable carapace, sa chair, tendre et fragile, attise la curiosité de nombreux gourmands. Voilà qui le distingue des autres crustacés : fidèle en toute chose, il ne manque pour autant pas d'affabulations merveilleuses et de travestissements subliminaux. Et, au risque de se perdre, il use donc de l'artifice comme d'un allié qui, pour peu qu'on lui serre la pince, aura tôt fait de révéler ses secrets les plus intimes.
Si sa ressemblance avec les crabes ermites est évidente, il s'en éloigne grâce à un savant mélange de nomadisme et d'habitudes sédentaires : l'homme cancer est partout chez lui. Aussi jamais ne se déplace-t-il sans une trousse de survie comprenant (à son humble avis) le minimum vital. Sans cette trousse il se retrouve fort dépourvu : alors il est tantôt contrarié, tantôt contrariant. Mais pour peu qu'on lui propose une alternative il saura l'apprécier à sa juste valeur et il y a fort à parier qu'il en redemandera encore et encore ! L'homme cancer a plus d'un tour dans son sac mais celui-ci est troué, alors il laisse des bouts de lui sur son passage comme autant de cailloux qui le ramèneront à bon port.
Le jour il sort la tête de sa loge et ne va pas beaucoup plus loin que son cou ne le lui permet ; qui voudrait l'attraper se doit d'adopter quelque ruse évidente : pour l'un il suffira d'un bon repas, pour l'autre d'un jeu de piste suffisamment convaincant pour qu'il décide de quitter sa tanière. Mais en cuisine le bougre est capricieux : à vrai dire il aime de tout mais pas n'importe quand, ni n'importe où. En effet l'homme cancer attache beaucoup d'importance à certains détails qui pour les autres demeurent insignifiants, et c'est tout un contexte qui doit s'offrir à lui pour qu'il daigne se laisser aller à l'appétit. De nuit on peut l'apercevoir loin de ses aises, parcourir le monde avec ses grands yeux affamés. L'usage voudrait que la nuit tous les chats soient gris, mais monsieur cancer n'en a cure et se vante de remarquer qu'une fois l'obscurité tombée il est capable d'appréhender les choses de la vie avec une longueur d'avance sur les autres. Oh bien sûr ce n'est pas la stricte vérité, mais il n'empêche sa profonde conviction. Car l'homme est convaincu. Peut-être est-ce dû à sa sensibilité ou peut-être encore à ces paisibles rêves qui le hantent encore aujourd'hui. Toujours est-il que ses convictions réclament autant de déni que sa sensibilité profonde ne suppose un entourage prévoyant et sans compromis.
L'homme cancer a huit pattes mais un seul coeur et il ne le partagera qu'avec une seule personne. Or comme il est doué en relations terrestres, il ne contrarie sa nature en rien puisqu'il aime à partager des bribes à tous vents. Mais que l'on ne s'y trompe pas : l'essentiel est bien ailleurs, au-dessous des collines et en regard des précipices. L'homme est habile car irrésistiblement attiré par la confidence, c'est son système de défense. Sa mémoire nauséabonde avoue bien des ratés et il serait vite arrivé qu'on lui reproche quelque oubli. Encore une fois il s'agira de regarder outre l'évidence et d'observer comment l'astucieux crustacé n'a rien retenu de l'histoire pour en conserver tout de même la raison.
Enfin pour terminer, il convient de rappeler à nos lecteurs combien l'homme cancer est inachevé. Il est une mine de potentiels explosifs, de circonférences boudeuses et d'archétypes mal entretenus. Il attend, paisiblement, qu'un courant favorable le ramène en terre ferme. Alors il pourra mettre son plan à l'épreuve, ce plan qu'il aura longuement médité, travaillé et souvent même titillé de droite à gauche. L'homme cancer se déplace de côté, aussi l'on pourrait croire qu'il est lent voire immobile, mais détrompez-vous : il aura tôt fait de vous rejoindre si son heure est arrivée !


(Illustration : structure filamentaire de la Nébuleuse du Crabe)
(Accompagnement musical : Joanna Newsom - Clam, crab, cockle, cowrie (live), cliquez ici)


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27/05/2007

Timide démence.


Il arrive les bras croisés, tordus l'un derrière l'autre. La démarche hésitante, il fait penser à un candidat bénévole pour la peine de mort. Il s'assied en face de moi, sans un bruit, le fauteuil même se retient de réagir. Tout de suite il adopte ma posture, preuve d'un partisanat moderne. Il passe une jambe par-dessus l'autre, une main entre ses cuisses et l'autre qui vient lui saisir le coude opposé. Il sourit péniblement : son visage est si mince qu'il doit pour se faire avaler sa joue droite afin de donner davantage de consistance à la gauche.

La discussion s'engage, il mastique ses lèvres avec une ironie non feinte. Ses mains tout à coup dérogent à ma présence : elles s'en vont maladroitement en tous sens, s'effleurent, se distinguent en altitudes, se rejoignent au giron d'une projection de lui-même qu'il exige à quelques centimètres. Il parle avec ses mains – rouges comme des lèvres, les doigts commis mâchoire. Et saute d'une névrose à l'autre, et course d'une phrase à la suivante.

Il n'a ni père ni mère. Son âme s'écaille, sa peau bâille, son coeur l'ignore. Et ses gesticulations deviennent plus bruyantes à mesure qu'il tente d'avorter de la terre. Chaque mot qu'il éructe tombe sur moi comme une enclume, chaque émotion qu'il a peine à retenir. Il est lourd, si lourd de toute sa creuse, que je ne peux le maintenir en place et son corps finit de s'introduire en lui-même, de se résorber comme une feuille abandonnée. Je l'écoute mourir sans larmes, abandonné même de la fatigue, et cette impression diluvienne qu'il s'abrite en moi.


(Accompagnement musical : Richard Hawley – Precious sight, cliquez ici)


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26/05/2007

Table des Matières.


Jeong Ho Park - Le silence 45
J'aimerais pouvoir nager dans la terre,
plonger pieds nus dans la fourmilière,
m'étrangler des racines aux genoux,
incruster mes paupières de cailloux.

Comme j'aimerais n'aimer rien d'autre
Que le décor de la vie,
Que le témoin de ma mort.




(Illustration : 'Le Silence, 45' de Jeong Ho Park)
(Accompagnement musical : Kaolin – Ne dis rien ; eh ouais)


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23/05/2007

"Comme un 23 mai." (poème du dimanche un mercredi)


Tatayet

Je cherche une solution rapide pour devenir con. Très con.
Et plus je cherche moins je le suis. C'est contrariant.
Alors aidez-moi, sans vous je n'y arriverai pas.
Aidez-moi et je vous aiderai à mon tour
si quelqu'un ne l'a pas déjà fait.


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22/05/2007

'My beloved monster.'


Mains se dessinant








Les poignets cristallins s'échappant de sa veste s'accomplissent en deux poings d'interrogation bien maintenus. Leur nonchalance est stupéfiante, aussi j'ose croire qu'il serait volontiers pianiste s'il n'avait les doigts si courts. Ses cheveux, dont l'ébouriffé laisse deviner les négligences, sont du meilleur acajou, et son sourire chaussé avec impertinence, du plus bel éclat. Son visage enfin s'il ne me paraissait plus grand, obtiendrait du soleil qu'il se couche à ses yeux et de la mer qu'elle se berce à ses lèvres.

Cet air fourbe et goguenard, cette silhouette malingre et furtive (qu'il aissaisonne de sa franchise), font de cette rencontre un repas riche en intrigues. Qu'a-t-il donc perdu pour se retrouver si propre de tout, si loin de lui-même ? Tout cet endroit qu'il n'occupe pas de son corps, je le devine, est le caprice d'un doute profond. Et l'on peut voir jusqu'à quel égard les prunelles de ses yeux sont envahies d'un désir trouble et terrible, si dramatique qu'il en pourrait perdre les raisons.

D'un air affecté il me demande entre deux roulements de dunes si sa compagnie m'insupporte. Son regard possède à présent la vive allure d'une eau gazeuse. Aussi je voudrais l'interroger sur le sort de ces bulles qui lui monteront bientôt à la tête mais tout d'abord je lui réponds que non, que sa compagnie m'est aussi agréable qu'un réveil de printemps. Cette idée lui plaît beaucoup. Il a changé tout à coup. Son rire est gras, ses mains sont moites et tout son corps s'envenime d'un grand bol d'air entre chaque esclaffe.

Il s'endort en m'écoutant... il s'endort mais tout ce qu'il entend il l'écoute jusqu'au dernier grain de sable. Je sais qu'il oubliera mon histoire mais pas ses aigus. Son être se rétracte dans la vie plus infime et pénétrante. Il tiendrait presque tout entier dans le creux de ma main ou dans le fond de mon coeur. Et malgré cela, le sommeil bénissant, je le porte contre moi à la mesure de mes entrailles, pour qu'au réveil, ruisselant, je me découvre le corps en larme.


(Illustration : 'Mains se dessinant' de M. C. Escher, 1948)
(Accompagnement musical : Daniel Johnston - The sun shines down on me, cliquez ici – C'EST UN ORDRE !)


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De l'abus de présomption.


Rémouleur






(Illustration : rémouleur bruxellois)


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21/05/2007

Les réconciliations subjectives.


Stachka, S. M. Eisenstein








Que d'aventures suggérées par les coïncidences !
Que de plaisirs à discourir du possible et de l'instant !
Ah qu'il me fait vivre ! Ah qu'il a bon choeur et brûle cire !

L'horizon doux à la lisière de mes ordres
- Seuls les ténèbres profondes et labyrinthes,
Les orages à huit pattes
Et les épidémies amoureuses.

L'horizon clair au fort de mon ébauche :
Rempart au devant du souvenir,
Fable des bruits qui courent.

Ah qu'il est frais et distrayant !
Comme j'aimerais sur mes épaules
Le lourd poids de ses passions !
Et qu'il me chante au tour de l'aube
Les partitions de sa magie,
Dont je pardonne déjà les torts
Et l'ironie de son parfum.


(Illustration : photogramme de 'La Grève' de Sergueï M. Einsenstein, 1924 - outre son génie cinématographique le monsieur était aussi responsable d'un imposant carnet de dessins satyriques disponible chez Seuil, comme de jouissives élucubrations tortueuses de la "jalousie phallocrate". Admirateurs de Klimt, couturières de Bellmer, hommes-grenouilles et fières bribes : osez la caricature !)


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12/05/2007

La bannière de pubE.


Bal des increvables (1896)



S........ de p..... de c....... de c...... en c....... . P..... f..... de g....., e..... en v... de d.......... . C..... de la s.......... a......, i......... du d.... . O..... du b.....-t... p....... et p........ . I..... s....... au s..... des p....-a........, c...... a....... b....., d..... de s...... . M..... de la n....... g......... t.... dans les m.... r... dans la t... . C....... d'o............ p............ sans c....... .


(Illustration : Bal des increvables, 1896)


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08/05/2007

"Plus con tu meurs."


Miss World


C'est une bataille que je pensais gagnée d'avance,
mais visiblement j'ai sous-estimé mon concapital.
Et chaque pas que j'argumente vers le caveau,
m'en éloigne davantage, à tort ou à raison.
Aussi j'aimerais remercier mes parents
pour ces inépuisables ressources ;
mes proches, et tous les anonymes,
dont je distrais malgré moi la bétise.


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Sans titre (ou l'apologie du Grand Tout par les petits riens).


iMage
dune
cor_de
nou&e
dérobade
par là
fenêtre.


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07/05/2007

'Sounds which came from silence.'


Livres - Metamorphosis







Je m'ennuie du silence de la vie, je m'ennuie de la paresse bienveillante qui recouvre désormais mes sursauts les plus intimes.

Autrefois je m'imposais le silence pour en dire le moins possible, et du cancer je me dressais taureau, capricorne ou bélier. Alors on pouvait se méprendre sur ma véritable nature et me condamner à la potence ou aux fardeaux de la conversation. Ce à quoi j'acquiescais d'une vive paupière ou, réfutant tout d'un croc, je m'en allais de plain-pied. Et rien ne me plaisait plus dans cette légèreté de ton que d'avoir en mes mains les secrets de l'abstention et les prémisses de la révolte. Quelqu'un pour me les ouvrir à pleines dents, quelqu'un pour les refermer enfin.

Ensuite j'ai rencontré le vaste monde : je l'ai épié du coin de l'oeil avant de m'en approcher et d'entamer les pourparlers. Convaincu par expérience qu'il ne fallait trop en dire ou du moins ne pas l'ébruiter, je m'étais mis dans la tête de jongler par-dessus le marché : « Il est vrai mon poison ! Il est vrai ! ». Mais rien n'y fit et comme auparavant on me reprochait tout et son contraire, comme si d'aventure je n'avais pas laissé les portes bâiller aux mouettes, je fus contraint de revenir à mes premières amours.

Mais à présent, dans cette nouvelle échappée en solitaire, je n'ai ni phare ni boussole. Au plus je pourrais me vanter de penser à voix haute lorsque l'horizon finit de s'affaisser sur ma toile. J'ai de la peine à décortiquer le silence et ses disciples aquarelles, non que ce qu'ils me cachent soit encore surprenant mais parce que ce que j'y trouve n'est pas plus intéressant. L'union fait la force, c'est notre devise. Et pourtant j'ai beau l'éplucher rien ne s'en dégage - pas même une larme dont j'aurais le muet savoir qu'elle s'écrase bruyamment. Alors je continue de me taire, et je n'en pense pas plus. Car si l'on venait à m'entendre il y a fort à parier que l'on me couperait la tête pour me la faire avaler.


(Illustration : livre 'Metamorphosis')
(Accompagnement musical : From Monument to Masses - Deafening, cliquez ici)


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Lettre de non-procrastination.


Madame,


Ayant eu vent de votre prochaine nébuleuse, dont les desseins véritables restent encore méconnus du grand public, je me permets par la présente de solliciter votre attention en vue d'un éventuel entretien - et plus si affinités.

Fort de plusieurs années à brasser l'effort et l'oisiveté dans une même marmite, j'imagine pouvoir répondre à vos besoins et ce malgré l'absence totale d'élucubrations positives à votre égard. J'ai pour cela la prétention de croire que dès lors votre projet finalisé, j'aurai à délocaliser pour votre gouverne monts et vallées en des endroits plus propices au développement durable. Car s'il n'y a pas de fumée sans feu, il n'existe pas plus beau paysage sans architecte.

Pour ce faire j'ai à vous confesser une horrible flexibilité : en effet si, par exemple, vous veniez à manquer de matériel de bureau, je pourrai à la fois vous fournir ma main au besoin d'un plumier et me limer les dents en guise d'agrafeuse. J'œuvre au meilleur des cafés et comme je sais vivre avec mon temps je ne manque ni de petit-lait ni d'aspartam.

Je vous laisse ci-joint mon promeniculum vitæ afin que vous puissiez à loisir vous méprendre sur mes qualités et mes points de suspension.


Dans l'attente d'une esquisse de votre part, veuillez recevoir, Madame, l'impression symbolique de mes sentiments intéressés.


.Æmeth.


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06/05/2007

"Tu seras un homme, mon fils."


Cees Krijnen - Steeple chase




Everybody knows that the dice are loaded,
Everybody rolls with their fingers crossed.
Everybody knows that the war is over:
Everybody knows the good guys lost.
Everybody knows the fight was fixed,
The poor stay poor, the rich get richer.
That's how it goes...
Everybody knows.

Everybody knows that the boat is leaking,
Everybody knows that the captain lied.
Everybody got this broken feeling
Like their father or their dog just died.

Everybody talking to their pockets,
Everybody wants a box of chocolates
And a long stem rose,
Everybody knows.

Everybody knows that you love me baby,
Everybody knows that you really do.
Everybody knows that you've been faithful,
Ah give or take a night or two.
Everybody knows you've been discreet,
But there were so many people you just had to meet
Without your clothes,
And everybody knows

Everybody knows, everybody knows:
That's how it goes,
Everybody knows.

Everybody knows, everybody knows:
That's how it goes,
Everybody knows.

And everybody knows that it's now or never,
Everybody knows that it's me or you.
And everybody knows that you live forever,
Ah when you've done a line or two.
Everybody knows the deal is rotten,
Old black joes still pickin cotton
For your ribbons and bows,
And everybody knows.

And everybody knows that the plague is coming,
Everybody knows that it's moving fast.
Everybody knows that the naked man and woman
Are just a shining artifact of the past.
Everybody knows the scene is dead,
But there's gonna be a meter on your bed
That will disclose
What everybody knows.

And everybody knows that you're in trouble,
Everybody knows what you've been through.
From the bloody cross on top of calvary,
To the beach of malibu,
Everybody knows it's coming apart.
Take one last look at this sacred heart
Before it blows,
And everybody knows.

Everybody knows, everybody knows:
That's how it goes,
Everybody knows.

Oh everybody knows, everybody knows:
That's how it goes,
Everybody knows.

Everybody knows...


Everybody knows, Leonard Cohen. (parce que je suis un fainéant malàdroite)


(Illustration : Steeple chase, de Cees Krijnen)


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