27/03/2007

Plaidoyer nocturne.


Qu'il m'est pénible de vivre le jour ces mièvres minuscules, toutes ces histoires saisonnières sans intérêt. Je veux vivre avec un grand V ! Je veux des grands devant les petits ! Des immenses, des rapporteurs…des volcaniques ! Je veux de la fumée, des cailloux tombés du ciel ; j'attends de la vie qu'elle fulmine. Car il n'y a rien de plus réconfortant que l'évaporation, car il n'y a rien de plus désespérément créatif que la vie à haute température. Et je veux croire à la toute puissance de l'art naïf. La nuit me semble à ces fins plus appropriée que le jour. La nuit fumeuse, qui parle pour ne rien dire – mais en même temps, qui songe pour ne pas se réveiller. La nuit dans tous ses états ; que les obscurs desseins de l'âme ne se produisent que sous sa loi.
Monsieur K n'aimait pas le printemps.
J'aimerais profiter du jour en ronflant, m'enorgueillir secrètement de la liberté dont je jouis face au soleil. Il est amusant comme toutes les professions de foi actuelles oublient de le mentionner sinon dans leur calendrier. Vous parler de tout cela d'ailleurs m'est fort inquiétant, car Dieu sait quelle influence il a sur votre teint lorsque vous lirez ces lignes. Mais j'ose imaginer que la plupart d'entre nous n'hésitent aussi à lire à la lumière d'une bougie. Soit, j'ai trop à bâtir, trop à brûler. Je commencerai donc par dormir le jour, et je ne lui réserverai plus que des ouvertures de rideaux, des promenades bucoliques et des discussions à l'eau de rose. Je composerai le jour comme une sonate et j'alimenterai la nuit de mille extravagances, aussi pénibles que le travail, aussi juteuses que le profit.


23:02 Écrit par Aem[a]eth. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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