17/01/2007

Les Nouvelles exhumées.


Rainbow






Ce matin je me suis blotti dans un angle encore humide de la nuit et dont le soleil était prisonnier. J'ai coulé mes mains le long du papier peint, dansé mes ongles en rondes électriques. Garder les yeux fermés. Parfums de pigments, températures arc-en-ciel, baiser fugace que la nuit recouvre de secrets. Brûlants secrets. Le jour se dessine contre le mur, de plus en plus insistant – phénoménal. Foudres bleues, foudres d'or promenant mes entrailles, remontant les chemins escarpés de mon corps. Abandon de la douleur au logis de l'extase sacrificielle et mnésique. Sans limites, couleurs dont nous faisons les miroirs, lèvres dont nous ignorons les contours. Comme un été anglais. J'hésite entre deux paupières, le souffle du matin contre ma peau de fièvre. Garder les yeux fermés. Je baigne dans l'opulence d'une aube anonyme, pareille à mille autres. Pourtant le désir d'en apercevoir davantage, de goûter les premiers rayons du soleil contre mes pupilles me presse comme une éponge. Je me replie, j'ausculte les alvéoles infinies qui constellent ma peau et je leur assigne des couleurs invisibles. Palette multicolore depuis les troubles du sommeil. Dans ce rêve j'avais en tout deux ombilics : l'un au-dessus, l'autre en-dessous. Lequel choisir, lequel oublier ? Millions d'étoiles aux silhouettes féériques, millions de petits doigts m'examinant, scrutant chaque flou de mon être. À présent je veux m'ouvrir le ventre et puis les yeux ; je vais le faire, alors je prends mon bras comme un couteau, la fenêtre d'où vient le soleil comme une page blanche, et je m'éloigne vers l'horizon pour le tailler en pièces.


(Accompagnement musical : Polar – My devil has been red)


18:04 Écrit par Aem[a]eth. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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