06/11/2006

Litanies disciplinaires. (30 octobre)


eros_thanatos


Flaque de peaux mortes jonchant le sol, cimetière d'aventures qui se répandent sur la terre, comme on avorte d'un oiseau. Réincarnation de l'être à travers les fragments d'un homme constellé. Abandon, abandon de l'esquisse et de ses autres tentatives.

Tout ce temps à t'attendre, à patienter dans l'ombre même de ton absence ; tout ce temps à me divulguer dans les coins sombres et chaleureux de ce monde qui ne me connaît pas plus qu'il n'accompagnera ma mort. Toute cette énergie à me disséquer sur l'autel de la vie, à prendre mes rêves pour la réalité et à penser que toutes ces boutures éparses de mon âme attiseraient au moins la curiosité si pas la reconnaissance des mes semblables, tout aussi morcelés que je ne le suis.

Cage en forme d'ossuaire, jardinière de légumes bavards et ventripotents. Cortège insatiable de la passion et de ses courtisans. Désespoir infini d'une goutte, fragile mais claironnante, comme l'ultime désir animal d'un poème en forme de larme.




Tout le silence entre nos doigts baignés d'une lumière sauvage et farouche, comme on étrangle l'espoir naissant. Tout ce silence, prisonnier de nos étreintes muettes et blanches aux encolures. Toute cette démesure inhabituelle à la jonction de ton sourire fat, au sommet de ton front, soumise à l'approbation silencieuse de l'univers, concupiscent et suicidaire. Tout ce que tu n'étais pas avant de me rencontrer pour pouvoir mieux te distraire puis m'oublier.

Souvenir en forme d'étoile d'une nuit sans vagues ni plénitude - à l'abri de ton regard, à la recherche de tes mains. Caprice du roi soleil au long de sa chute de ne plus jamais revoir la mer raviver ses peurs les plus fécondes.


(Illustration : La jeune fille et la mort, de Hans Baldung-Grien, 1517)
(Accompagnement musical : Igor Stravinsky - Danse infernale de tous les sujets de Kastchei ; Cliquez ici)


12:13 Écrit par Aem[a]eth. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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