15/10/2006

Post-it.


leontodon_hispidus









Voilà nous y sommes : en plein règne de la supercherie, au point d'orgue de l'archétype libéral. La glue laisse des traces, et plus encore si l'on y applique le pouce. Alors on fait des boucles sans noeuds, des doutes sans rémission, et le double-face fait des merveilles. Que sont devenus les épingles, les agrafes, les clous, les punaises ? Où sont passés les excentriques, les trublions, les affamés, les doux dingues ? Je suis cerné d'opportunistes et de revendicateurs, de trucs qui collent sans accrocher, de machins qui jurent sans réfléchir - comme des miroirs de contes de fées. Et cette odeur, cet étranglement du bassin... La pourriture auparavant était subtile, dissimulée d'un voile soporifique que seuls les franches lames décidaient de percer à jour. Aujourd'hui cette moisissure se balade sous les pieds, se promène le long des épaules, des étreintes et des ongles. Elle s'incruste, pénètre la peau, les tissus de mensonges, et s'y crée de merveilleuses alcôves pour y faire ses petits. Le déclin sous couvert de l'anonymat, la chute sous l'emprise de la cupidité. Plaisir, besoin, circonstances...tout est l'affaire d'une seconde : se repoudrer le nez, se surligner les yeux, se travestir tour à tour en animal, en bête monstrueuse puis en homme. Pour réussir il faudrait récurer, se dissoudre, importuner ; mais tout est las pour qui sonne le glas, tout est nauséabond et distillé. Alors je pousse, je fraye, j'insupporte à ma guise, je quadrille, je découpe et enfin j'assemble. Je plie car ça ne laisse pas de traces, je ploie car la vie me l'ordonne. Peut-être ma place après tout trouvera ses aises terre-à-terre, et mes doutes au creux des volcans iront badigeonner un nouveau jour le ciel et les paradis artificiels.


(Accompagnement musical : Nightmare de Joe Hisaishi)


17:42 Écrit par Aem[a]eth. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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