∞ Faux-Semblant ∞
*Billevesées*
66938
[Gilberte H. Dallas]
Des soleils noirs
Les soleils noirs
Millions de soleils noirs
Girent dans le ciel
Dévorent le ciel
S'abattent sur les pavés
Eventrent les églises du Bon Dieu
Eventrent les hopitaux
Eventrent les gares
Comme de visqueuses méduses
Eventrent les eaux des ports
Poussent sur les visages des femmes
Poussent dans les mains des hommes
qui ont des mains
Poussent effroyables jouets
dans les mains des enfants
Mille soleils de faims inassouvissables
Mille soleils de vertige et de douleur
Mille soleils de désespoir et de suicide
Mille soleils de mort lente et de mort rapide
Mille soleils de Terre Eternelle
Mille soleils d'abnégation et de négation
Mille soleils de zéro
Mille millions de soleils de jamais
pour toujours.
[Abbé Dinouart]
Les bons écrivains ressemblent à l'abeille, dont le travail est précieux, délicat, utile aux hommes et à elle-même ; mais les écrivains dont je parle semblent n'être faits ni pour eux ni pour les autres. Ils sont auteurs, direz-vous : ils ont fait un livre. Dîtes plutôt qu'ils ont gâté du papier, après avoir perdu leur temps en croyant faire un livre. Ils ne sont, tout au plus, que ce qu'ils étaient, pour ne rien dire de plus critique. Et telle est la condition de ces faiseurs de romans, d'anecdotes, de contes, de poésies badines, ou plutôt licencieuses, etc.

L'Art de se taire.
(boucherie)
24-12-2006
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Christmas_time












A ceux qui ne sont pas là,
A ceux qui devraient l'être,
A ceux qui n'y croient pas,
A ceux qui nous ont quitté,
A ceux qui sont seuls,
A ceux qui sont loin,
A ceux qui résonnent,
A ceux qui dérangent,
A ceux qui motivent,
A ceux qui en redemandent,
A ceux qui toujours,
A ceux qui jamais,
A ceux qui brillent,
A ceux qui doutent,
A ceux qui jubilent,
A ceux qui l'ignorent,
A ceux que j'oublie,

Je souhaite de passer toujours au travers du pire et du meilleur, et de profiter comme il (ne) se doit (pas) de ces moments subtils que la saison rappelle à soi.


(Accompagnement musical : The Knife live@Göteborg 2006, Cliquez ici)



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24-12-2006, 17:22:51 Aem[a]eth.

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20-12-2006
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Horace Walpole - Strawberry hill













Thanksgiving Prayer,
by William S Burroughs.

Thanks for the wild turkey and
the passenger pigeons, destined
to be shit out through wholesome
American guts.

Thanks for a continent to despoil
and poison.

Thanks for Indians to provide a
modicum of challenge and
danger.

Thanks for vast herds of bison to
kill and skin leaving the
carcasses to rot.

Thanks for bounties on wolves
and coyotes.

Thanks for the American dream,
To vulgarize and to falsify until
the bare lies shine through.


Et sinon voilà mes envies :

.Collected screenplays, Hal Hartley. (lu et relu sans jamais le posséder)
.This Mortal Coil - Filigree and shadow. (perdu)
.Le témoin, Gilbert Garcin.
.Des monstres et prodiges, Ambroise Paré.
.Si ce monde vous déplaît, Philip K. Dick.("perdu")
.Ladytron - 604.
.Requiem de Verdi par James Bowman.(par Bowman et uniquement)
.Punch Drunk Love ost.
.Opening Night de John Cassevetes.(perdu, me manque aussi le formidable 'Husbands' soit dit en passant)
.My Bloody Valentine - Loveless.


(Illustration : l'antre de Strawberry hill conçue par Horace Walpole)



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20-12-2006, 22:29:12 Aem[a]eth.

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Donna (Padova medicine preparation)














J'essaie d'être vulgaire, j'essaie de toutes mes forces. Le matin lorsque le soleil m'apparaît je lui dis que tout va bien, je lui prépare à manger et à boire. Je fais semblant d'être maladroit pour qu'il m'empêche de terminer ce que j'ai commencé. Je tire les rideaux pour lui faire de la place et je m'assieds à l'ombre. Je feuillette le journal et je plains les gens. Je plains le monde qui fait les gros titres et ceux qui ne les lisent pas. Je lis la rubrique astrologie en commençant par la fin, mais je la lis jusqu'au début. Je n'y crois pas. Pourtant c'est rassurant d'apprendre des choses auxquelles on n'adhère pas. Du moins c'est ce que je m'assure de penser. Le facteur sonne, il est en retard. Je le préviens que mon chat est gros et qu'il a faim. Je signe ses papiers et je le laisse s'en aller. Il est déjà loin lorsque je referme la porte. Je prépare le repas. Je mélange tout dans l'assiette à l'aide d'une fourchette qui ne sert plus qu'à ça. Je mélange tout avant de l'enfouir dans ma bouche. Puis je prends le temps de séparer les aliments entre mes dents. Je ne dis rien. Je dispose des saveurs sur mes papilles. Je termine en laissant la vaisselle dans l'évier. Je la ferai demain comme d'habitude. Elle rejoint la vaisselle sale de la veille. Je regarde à travers le rideau de la cuisine. Je pense à me marier. J'imagine que je l'aimerai toujours quand je la tromperai avec une autre. Je pense à ses larmes, à mes mains sur ses yeux. Elle devra me croire si elle tient à nous. J'allume le poste de télévision. J'écarte les jambes pour ne pas m'endormir. Je maudis les gens que je plaignais ce matin. Je leur souhaite d'être riches, célèbres et laids. Je leur souhaite toute la laideur dont je ne me sens plus capable. J'aime croire que je suis riche et célèbre, j'aime les gens crédules. Je prends les problèmes des autres pour les miens. Le soleil finit sa digestion derrière un banc de nuages. J'adorerais qu'il pleuve. Je consume la journée dans mon cendrier. J'écris une lettre destinée à leur faire croire que je pense à eux. Suffisamment pour leur écrire, pas assez pour les supporter. Je laisse la télévision en suspens et j'allume l'ordinateur. Je gribouille deux-trois choses en murmurant. Je discute à droite à gauche. Comme ce matin je me dis que tout va bien, et je me fais violence à tous leur répéter. J'écoute les faillites de l'un, les surprises de l'autre, et je les échange. Je suis remercié alors je redescends à la cuisine. J'ouvre la porte du frigo. Je manque de tomber. J'imagine que je suis saoul et que je peux tout avaler. J'imagine que la journée fut difficile. Je rejoins une nouvelle fois la petite lucarne. Le malheur des autres est certainement dû au fait qu'ils ne connaissent pas le mien. Je manque encore de prétention peut-être. Je suppose qu'il est moins évident de se plaindre que de se répéter. J'assiste à quelques divertissements. Certains sont résolument brouillons, d'autres s'estiment niveler par le bas. Ni l'un ni l'autre ne me conviennent. Je vais me coucher. J'échappe au suicide car c'est la première idée qui me vient à l'esprit. Je ne veux pas mourir, c'est d'un commun. Je préfère devenir vulgaire.


(Illustration : Donna, Padova medicine preparation)
(Accompagnement musical : I Am X - I like pretending)



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20-12-2006, 21:30:38 Aem[a]eth.

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Randy Raine-Reusch - Leaves 2 (1993)











Je raccroche. La douleur suinte encore du cornet. Je raccroche et je tiens bon. Je me cramponne à la réalité : elle se moque de moi mais ne peut plus m'échapper. Regard inquiet vers l'horloge digitale. Il n'est pas trop tard, il n'est jamais trop tard. Je calme ma respiration, j'essaie de prononcer un mot, une syllabe. C'est gras comme une épidémie. J'essaie de peindre avec ma voix. C'est souffreteux, quelques miettes tombent à côté. Je pose les mains sur mes genoux. J'ai l'impression de ressembler à quelqu'un. Je lève les yeux vers mon front. J'ai l'impression d'être une distraction. Le temps n'est pas bien mort, je l'entends qui respire encore. Regard désabusé sur la petite horloge. Je frotte mes ongles sur le tissu de mes genoux. Rouge et piquant. Je frotte et je m'apprête. Le temps tourne en rond tout autour de moi. J'ai l'impression qu'il se rapproche. Il tourne et tourne sans me prêter attention. J'ai l'impression qu'il devine ma trahison. Mes ongles ont l'air d'armes blanches. Je plie le poing. Regard furtif sur l'horaire. Il n'arrête pas de tourner. Je m'élance, bien armé, vers le combiné. Je prends mon courage à deux lèvres et je décroche. Le temps m'appartient. Maintenant, le silence de sa voix. Le temps m'appartient.


(Illustration : Leaves de Randy Raine-Reusch - 1993)
(Accompagnement musical : Half Asleep – D'invisibles courtisans, extrait de l'album '(We are now) Seated in profile' disponible entièrement Ici)



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20-12-2006, 00:20:40 Aem[a]eth.

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19-12-2006
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Flammarion 1888 lAstronomie









Ecrire sur ses poignets,
les prendre de côté,
les incendier.

Ecrire sous sa langue,
la ligoter pour
la faire taire.

Ecrire derrière ses genoux,
les plier en quatre,
les isoler.

Ecrire contre son ventre,
le tordre de douleur,
l'inonder de lumière.

Ecrire devant ses yeux,
les décoquiller
soigneusement.


(Illustration : L'Astronomie, Flammarion 1888)
(Accompagnement musical : Alias & Markus Archer - Unseen sight)



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19-12-2006, 01:50:37 Aem[a]eth.

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18-12-2006
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Yoshitaka Amano - Lady and fan 2











Je sers fort. Elle avance d'un pas. Il la reçoit dans ses bras. Il la recueille contre lui. Je les prends dans mes bras. J'aimerais les prendre dans mes bras. Rien ni personne. L'homme est ridicule debout. Je suis assis. Rien dans les bras. Elle lui donne tout ce dont les rêves sont faits. Je bâille. Il ne dit rien, il a l'air d'un bloc de chair froide, immobile. Rien d'autre que leurs bras, debouts. J'ai froid mais je ne tremble pas. Il la guide. Elle s'offre comme une enfant. Je rêve une nuit d'hiver. La nuit debout. Il continue de se plaindre en cri de néant. Je sers fort la chaise sous mes cuisses. Il a l'air d'un bloc avec des bras. Elle se fond contre son corps. Elle le noie. J'imagine les étoiles tomber de la nuit au garde-à-vous. Elle l'étouffe dans son âme. J'imagine la nuit sombre et ridicule, la nuit debout. Il a l'air d'un homme qui ne dort pas. Leurs bras sont immobiles. Je sens le bois céder sous la pression de mes rêves. Le charbon tache ses chevilles. L'enfance maquille ses joues. Il observe la chute de son dos. Elle respire sans un bruit, sans rien contrarier. De l'autre côté de la fenêtre il y a un homme qui ressemble à un oiseau. Elle respire comme un oiseau. J'observe la silhouette de leur étreinte. J'imagine qu'ils portent des plumes, qu'ils sont poètes. Lui n'a toujours pas de forme moins vague. Il a l'air de ne pas en avoir, d'être dépossédé. L'homme de la fenêtre s'envole. Le vent siffle. J'aimerais qu'ils les emportent, ou qu'il m'emporte sur ma chaise. Je le sens qui gronde contre la fenêtre, qui tente de s'inviter. Le bois de la chaise sous mes ongles. Ils ne bougent pas. Ils ne disent rien de convaincant, ils se taisent. Ils sont debouts devant la fenêtre.


(Illustration : Lady and fan de Yoshitaka Amano)



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18-12-2006, 21:18:26 Aem[a]eth.

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ICI.


Accompagnement musical : This Mortal Coil - Sixteen days.



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18-12-2006, 21:06:23 Aem[a]eth.

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04-12-2006
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Kyosuke Chinai - Petite fille en rouge 02











(...)
J'engloutis seule des nourritures. Elles ont toutes le même goût fade de la terre. L'arbre se nourrit de la terre, mais il l'ombrage ainsi que cette herbe traversée de lumière qui a poussé autour du tronc. Quand l'arbre est sec, il n'occupe plus inutilement le terrain. On l'abat. Sa fin est une grande flamme. Je ne réchauffe personne. Je ne suis ombre fraîche pour personne.
Les arbres ne se nourrissent pas inutilement de la terre. Je me nourris inutilement des choses qui ont le goût de la terre pour enlaidir, pour vieillir, pour m'éteindre. Bûcheron, lève-toi. Abats-moi à l'improviste.


Assise à ma table, j'essaie d'écrire. Pendant que j'essaie, je me délivre laborieusement et innocemment de mon incapacité d'écrire bien. Ma plume grince. Je gémis avec elle. Nous gémissons pour rien. Nous formons ensemble des mots inutiles. J'ai honte d'infliger ce travail à ce petit objet capable. Pendant que je m'efforce, je trace la voie à mes impossibilités et je les oublie. Ce paragraphe les représente. Je ressemble à une personne qui se croit puissante quand elle lance de la poussière en l'air. Cette poussière retombe sur sa chevelure. Mes impossibilités retombent sur cette page. Plus je m'efforce, plus je crois que je travaille bien, plus je m'égare, plus je me drogue avec mon effort. Capables et incapables d'écrire, nous suons de la même sueur. L'effort est un faux frère.


J'amènerai le coeur de chaque chose à la surface. Je me redresserai, je revivrai. Puisque je suis morte pour les autres, à mon tour je les abandonnerai. Chaque fois que je contemple la boîte sur ma table, je reçois d'elle une leçon de stoïcisme. Le stoïcisme de chaque chose n'est pas contraction intérieure, mais plutôt abandon rentré. Si j'allais en prison, je me ressererais comme une chose. Chaque chose est contemplation rentrée. Il y a dans ce monde-là, comme dans celui des statues, un narcissisme à l'étouffée. Les choses que l'on ne remue pas sont des déserts moelleux. Le silence du monde des choses fait figure d'étrangleur.
Je créerai de fins outils qui affineront ma pupille, qui façonneront ma sensibilité, qui l'aiguiseront tout en la simplifiant. J'ai déposé la boîte sur mon divan. Je me suis allongée à côté d'elle. Il n'y a plus eu besoin d'un fil conducteur. Nous avons dégagé, nous avons échangé le coeur de notre coeur. Lorsque mon amour des choses aura pénétré chaque chose, j'aurai la solitude à mes genoux. Je ne remuerai plus, mais je ne serai pas morte car j'aurai les trésors d'immobilité de toutes les choses. Mon humilité ne sera plus de la caricature. Les parois de mon réduit seront aussi sûres que celles des prisons. Je ne sortirai plus. J'oublierai octobre, le battement des feuilles qui se décrochent car, dans l'univers des choses, le reflet d'un bruit démolirait tout.
Il y a des jours où je les saisis mieux si je les regarde à l'improviste, si je les surprends. Si je les fixe longtemps, je les épuise et je les perds. Leur immobilité aux dernières extrémités exige de nous la pudeur, la légèreté du regard. Je cire souvent ma table ainsi que les objets dessus. La cire est un intermédiaire conciliant.
Rendez-vous avec les trois cents chaises de l'église Sainte-Marguerite. Je me tiens debout derrière ces troupeaux de choses. Je suis leur chien de garde. Je suis fier d'être cela pour elles.
(...)

Extrait de L'affamée de Violette Leduc.


(Illustration : 'Petite fille en rouge' de Kyosuke Chinai)



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04-12-2006, 11:29:08 Aem[a]eth.

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we do believe it ends right here
the orchestration and the dream is clear
shuttle departs and they're all there
everyone's cracking up but we don't care

and we agree it's what we need, ochestrareal

whisper the cymbals ride on in
though this time well trade the strings for
old 110
headphones will assure position when
the crowd fades and the overture begins

and we agree it's what we need, orchestrareal
(music)

I don't believe the way this feels
slight alterations leave enraptured ears
headphones will insure possession when
the crowd fades and the overture begins

and we agree it's what we need orchestrareal
and we agree it's what we need orchestrareal



Grandaddy – Laughing stock.



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04-12-2006, 01:11:04 Aem[a]eth.

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truth03



















INT.DINNER – A LITTLE LATER

Josh is still sitting there. He looks up from the book as Jane sits down with him, pauses, then smiles.

JANE
I know what you need.

JOSH
Excuse me?

JANE
You need a woman.

JOSH
Oh.

JANE
That girl’s crazy.

JOSH
I know but I like her.

JANE
She’s leaving town.

JOSH
I heard.

JANE
So come on. I know what you need. What do you say?

JOSH
Excuse me?

JANE
You need a woman.

JOSH
Oh.

JANE
That girl’s crazy.

JOSH
I know but I like her.

JANE
She’s leaving town.v
JOSH
I heard.

JANE
So come on. I know what you need. What do you say?

JOSH
Excuse me?

JANE
You need a woman.

JOSH
Oh.


Extrait de 'The unbelievable truth' de Hal Hartley, 1989.


(Illustration : Adrienne Shelly, R.I.P.)
(Accompagnement musical : Low – That's how you sing amazing grace)



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04-12-2006, 01:09:59 Aem[a]eth.

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